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PAYSAGES PROVENCAUX

Code EAN13 : 9782862765082

Auteur : SOUBIRAN

Éditeur : JEANNE LAFFITTE


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Extrait

«LE MIDI EST NATURALISTE»

«Le Midi est naturaliste car la nature y est si belle et si claire que l'homme, n'ayant rien à désirer, ne trouve rien de plus beau à inventer que ce qu'il voit : ici, l'art en plein air (...). Le Midi est brutal et positif comme un sculpteur», déclarait Baudelaire au Salon de 1846, son utilisation du mot naturaliste rejoignant alors une préoccupation des esprits de son temps. Parallèlement à la floraison du paysage romantique, et non sans interférences, se développait en effet, depuis Constable, un courant fidèle à la nature, fondé sur la pratique du plein air, conjuguant la représentation précise d'un lieu à un effet atmosphérique, démarche entreprise en France par Valenciennes dans ses études sur le motif, et par Georges Michel, précédant l'école de Barbizon.

S'il n'est ni école ni style, car il juxtapose personnalités, expressions et foyers différents, le naturalisme constitue un courant aux contours imprécis s'imposant en France autour des années 1860, au moment de la mutation traversée par les arts plastiques. La critique avancée (Castagnary : École naturaliste, 1863 ; Le Naturalisme, 1867 ; Duret : Les Naturalistes, 1867 ; Zola, Les Naturalistes, 1868...) le considère comme la force d'avenir en ce qu'il exprime les besoins d'une société nouvelle, avide de vérité, marquée par le positivisme, en prise avec la vie et la réalité.

L'étude du naturalisme dans le Paysage se heurte à plusieurs difficultés. S'il entrelace à ses débuts le romantisme, on le confond généralement avec le réalisme dont il serait utile de le distinguer. Par la suite, confusions et glissements s'effectuent entre naturalistes et impressionnistes. D'autre part, les listes d'artistes identifiés comme naturalistes par la critique ne se superposent pas. Rappelons enfin la grande période naturaliste des années 1880, «l'école du procès-verbal», inséparable du mouvement littéraire et de Zola.

En dépit de ces incertitudes, on peut définir le naturalisme comme une nouvelle approche du réel, une nouvelle conception du paysage, «la nature prise sur le fait». La génération d'artistes autour de Daubigny, Harpignies, Troyon, héritière de Barbizon, se fonde sur une observation plus exigeante. La perception chasse l'idéal ou l'imagination. L'impression, la sensation, l'emportent sur le sentiment ou la pensée. Ce paysage moderne qui change le regard, se passionne pour l'étude du sol et de la lumière, est attentif aux saisons, aux heures du jour, au climat. Le travail systématique en plein air bouleverse les conventions d'atelier. L'effet atmosphérique prévaut sur le motif, la facture large sur le fini, la simplification sur le détail. Fenêtre ouverte au hasard sur un coin banal de nature, sans souci de composer, le paysage favorise l'émergence des identités régionales car «chacun a sa région préférée où il se cantonne».

Étranger aux spéculations de la génération romantique, Loubon est marqué par le sens de l'observation directe, le goût de la réalité présente et immédiate, le positivisme et le matérialisme. Porté comme son temps par la révolution industrielle, contemporain des scientifiques qui opèrent des découvertes fondamentales, il adhère au mythe du progrès et projette dans l'avenir cet âge d'or que le romantisme situait dans le passé. Dans ses premiers envois au Salon de Paris, ses scènes de la vie rustique ou ses paysages animés de Provence, Loubon réalise déjà «cet art indigène» réclamé plus tard par Castagnary, cet art qui «tient du sol, du climat, de la race».
  • Code EAN13
    9782862765082
  • Auteur
  • Éditeur
    JEANNE LAFFITTE
  • Genre
    Peinture
  • Date de parution
    14/07/2013
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    401 g
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