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Félines

Stéphane Servant

Éditions du Rouergue

15,80€

L’auteur-conteur Stéphane Servant prend ici un grand risque en retranscrivant le témoignage de Louise, tout comme nous en prenons un en vous parlant de ce roman, mais il nous semble important de parler des Félines.

Les Félines, ce sont des femmes dont le corps change, se recouvrant de poils, partout.

Ce sont des femmes qui ne sont plus perçues comme des êtres humains, qui sont traitées comme des animaux.

Ce sont des femmes qui vivent dans le regard des autres, leurs corps constamment observés, décortiqués, analysés.

Et pourtant, ce sont des femmes libres, sauvages.

Les Félines, c’est vous, c’est moi, c’est nous.

Nous, les Déviants

C. J. Skuse

Éditions La Belle Colère

19€

Ils étaient cinq. Ella, Fallon, Zane, Corey et Max. Les « Cinq sans peur ». Jusqu’à ce que Jessica, la sœur de Max, meurt renversée par un bus.

Quatre ans plus tard, le groupe se reforme le temps d’un été, motivé par un désir de vengeance contre tous ceux qui ont gâché leur adolescence.

De fil en aiguille, l’engrenage s’enclenche, les secrets remontent à la surface et les masques tombent.

C’est une main de maître qui se cache derrière cette écriture, donnant l’impression au lecteur de partager des secrets, d’anticiper les révélations, pour finalement, au détour d’une phrase, avec seulement quelques mots, détruire le fragile édifice construit au fil de la lecture.

Une histoire bouleversante dont on porte le souvenir encore longtemps.

Des astres

Séverine Vidal

Éditions Sarbacane

16€

Pénélope vit sous l’emprise d’une mère manipulatrice, elle étouffe, suffoque et recherche désespérément l’amour que cette femme n’a jamais su lui donner.

Romane vit entourée de parents aimants et pourtant, il lui manque toujours quelque chose. Quelqu’un. Sa mère biologique.

D’une écriture sublime et tranchante, Séverine Vidal nous raconte l’histoire de ce lien qui lie une mère à son enfant, de cet amour ravageur qui nous amène parfois à la frontière de la folie.

Une bête au paradis

Cécile Coulon

Éditions de L’Iconoclaste

18€

Le Paradis, c’est une ferme isolée. Pour Blanche, c’est un havre de paix. Elle y a grandi, entourée des vaches, des poules et des cochons.

C’est là-bas, élevée par sa grand-mère aux côtés de son petit-frère, Gabriel, et du commis, Louis, qu’elle a surmonté la mort de ses parents.

C’est là-bas qu’elle s’est glissée dans les bras d’Alexandre, son amour de jeunesse, celui qui a ranimé son cœur alors que l’adolescence transformait son corps.

C’est là-bas que la folie a fait des ravages et que la vengeance a imprégné les terres d’une odeur de sang.

Une écriture qui vise le cœur pour un conte féminin, noir et magistral.

Une partie de badminton

Olivier Adam

Éditions Flammarion

21€

Avec Une partie de badminton, Olivier Adam nous emmène en Bretagne, non loin de Saint-Malo. Après l’échec de ses derniers romans, Paul s’installe en bord de mer avec sa compagne et ses enfants. De retour dans un cadre familier, il entend bien profiter du calme des lieux pour faire de cet échec un nouveau départ.

Le bruit des vagues, le parfum des embruns et les grains de sables imprègnent ces pages. On pourrait presque se prélasser les pieds dans l’eau, bercé par la douce écriture d’Olivier Adam. Presque. Car petit à petit, l’étau se resserre, les pièces du puzzle s’emboîtent, et le soleil disparaît derrière les nuages. Dans la lignée de La Tête sous l’eau et Des vents contraires, on succombe – encore une fois – au charme d’Olivier Adam.

La Vie en chantier

Pete Fromm

Éditions Gallmeister

23.60€

Pete Fromm revient en force avec La vie en chantier, à paraître chez Gallmeister le 5 septembre. Une merveilleuse histoire qui fera fondre votre cœur.

Marnie et Taz filent le grand amour. Amoureux comme au premier jour, ils emménagent dans leur première maison et attendent leur premier enfant. L’avenir leur tend les bras et malgré les embûches, ils sont prêts à relever le défi ! Et vient le grand jour, celui qui aurait dû être le plus beau de toute leur vie. Mais Marnie meurt en couches et Taz se retrouve seul, avec un bébé sur les bras.

Comment accueillir un petit être quand on est rongé par le chagrin ? Comment s’occuper d’un bébé quand on peine à s’occuper de soi ? Comment donner de l’amour quand la seule chose qui nous habite, c’est le deuil ?

Après Mon désir le plus ardent, le nouveau roman de Pete Fromm nous entraîne au cœur des sentiments, mais jamais dans le pathos.

Une perle de tendresse.

Dix

Marine Carteron

Éditions du Rouergue

14.80€

Dix personnes. Une île. Un meurtrier.

Ça ne vous rappelle rien ? Et oui, les similitudes avec le célèbre roman Les Dix petits nègres d’Agatha Christie sont nombreuses, et c’est normal : Marine Carteron revisite ce classique pour en faire une version moderne. Et c’est réussi !

Résultat, nous avons entre les mains un roman glaçant, angoissant et parfaitement maîtrisé. Les chapitres sont courts, passants d’un personnage à l’autre, le suspense monte : le rythme est haletant, nous sommes piégé entre les pages.

Pensants participer à une émission de télé-réalité, les personnages se laissent prendre à un terrible jeu, usants de coups bas, mensonges, manipulation, faux-semblants et trahisons. Mais ils ignorent qu’un onzième participant s’est invité sur l’île : la Mort. Et elle est sans pitié.

Un huis-clos cru et cruel, implacable et redoutable, captivant et horrifiant !

Un hommage réussi au chef d’œuvre de la Reine du Crime !

Nos vies en l’air

Manon Fargetton

Éditions Rageot

15,90€

Mina et Océan se rencontrent en haut d’un toit, au bord du vide. Ils décident de passer la nuit ensemble, faire ce qui leur passe par la tête. Aller à un concert. Chercher un sac volé. Traverser l’autoroute.

Jusqu’à l’aube.

Et là, il faudra choisir. Sauter ensemble ou laisser une chance à la vie.

Une nuit pour vivre pleinement, librement, enfin. Une nuit pour lire ce livre en apnée avec le cœur qui bat la chamade et l’espoir que cela ne cesse jamais.

Ashes falling for the sky

Nine Gorman & Mathieu Guibé

Éditions Albin Michel

16,90€

Ce roman est né sur Wattpad, co-écrit par Nine Gorman (booktubeuse) et Mathieu Guibé (éditeur). Tous deux s’étaient lancé le défi d’écrire un chapitre par jour, à quatre mains. Et rien que pour ce pari fou, je dis bravo !

L’histoire : Lors de sa rentrée à l’université, Sky décide de laisser la petite sage qu’elle était derrière elle et rencontre Ash, bad boy insupportable, mais attirant. Commence alors un jeu dépourvu de sentiments… Du moins, en apparence.

Si la quatrième de couverture peut rebuter par les nombreux clichés qu’elle annonce, il faut savoir que les auteur.e.s sont parti des codes les plus répandus dans les romances afin de les utiliser pour parler de sujets qui leur tenaient à cœur. Au final, même si les personnages de la jeune fille sage et du bad boy ténébreux sont très répandus, une vraie personnalité les défini ici, les rendant très réalistes et attachants.

Le rythme est soutenu, nous sommes tenus en haleine, amenés à tourner les pages sans s’en rendre compte. Et une fois le livre fermé, on espère déjà pouvoir lire la suite sans attendre !

 

Tenir jusqu’à l’aube

Carole Fives

Éditions Gallimard

17€

« Solo, c’est moins sinistre que seule. Solo, ça renouvelle la figure de la mère célibataire, larguée, quittée, abandonnée, ça éloigne le cliché misérable de la fille-mère, de l’adolescente misérable promenant son landau sur un trottoir défoncé du nord de la France. […] De quoi se plaint-elle ? La solo a parfois poussé le bouchon jusqu’à faire un bébé toute seule, c’est son choix, son problème, elle n’a qu’à assumer et bien se tenir. »

Pendant que son fils de deux ans dort, une jeune mère célibataire sort dans la rue, un peu plus longtemps, un peu plus loin, chaque nuit. Le père est parti, un jour, sans prévenir, comme on se désabonne d’une ligne téléphonique, laissant à la jeune femme la responsabilité d’élever un enfant, tout en travaillant pour payer les factures qui s’accumulent. Mais entre les repas, les comptines et les jouets, elle s’oublie, ne trouve pas le temps de respirer et cherche désespérément à s’oxygéner.

Carole Fives nous livre une fable féministe empreinte d’une fausse légèreté et d’une justesse empathique. La maternité y est désacralisée face à la réalité d’une société contemporaine rongée par la solitude et la culpabilisation des mères célibataires.

Les petits chapitres sont dévorés, le roman est lu en apnée, nous tenant éveillé jusqu’au premières lueurs du jour.

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