Archive:


La Goûteuse d’Hitler

Rosella Posorino

Éditions Albin Michel

22 €

« 1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa. Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. »

Tiré d’une histoire vraie, ce roman très justement primé de l’autre côté des Alpes nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.

Personne n’a peur des gens qui sourient

Véronique Ovaldé

Éditions Flammarion

19 €

« Gloria doit retourner subitement là où enfant elle passait ses vacances. Pour elle et ses deux filles, ce voyage imprévu résonne comme un exorcisme. »

Un suspense irrésistible autour duquel les codes du roman noir volent en éclats. Une héroïne faussement archétypale.

Une joyeuse lecture !

De l’Angleterre et des Anglais

Graham Swift

Éditions Gallimard

21 €

 

« Des instantanés qui distillent l’essence d’une vie. Des moments pris sur le vif que l’on déroule comme une pellicule. Des héros ordinaires ; ce qui les lie, ce qui les sépare. »

L’auteur britanique du très beau « Le dimanche des mères » nous propose un portrait de l’Angleterre à travers des nouvelles parfaitement ciselées.

A lire !

Nos vies en l’air

Manon Fargetton

Éditions Rageot

15,90€

Mina et Océan se rencontrent en haut d’un toit, au bord du vide. Ils décident de passer la nuit ensemble, faire ce qui leur passe par la tête. Aller à un concert. Chercher un sac volé. Traverser l’autoroute.

Jusqu’à l’aube.

Et là, il faudra choisir. Sauter ensemble ou laisser une chance à la vie.

Une nuit pour vivre pleinement, librement, enfin. Une nuit pour lire ce livre en apnée avec le cœur qui bat la chamade et l’espoir que cela ne cesse jamais.

Ashes falling for the sky

Nine Gorman & Mathieu Guibé

Éditions Albin Michel

16,90€

Ce roman est né sur Wattpad, co-écrit par Nine Gorman (booktubeuse) et Mathieu Guibé (éditeur). Tous deux s’étaient lancé le défi d’écrire un chapitre par jour, à quatre mains. Et rien que pour ce pari fou, je dis bravo !

L’histoire : Lors de sa rentrée à l’université, Sky décide de laisser la petite sage qu’elle était derrière elle et rencontre Ash, bad boy insupportable, mais attirant. Commence alors un jeu dépourvu de sentiments… Du moins, en apparence.

Si la quatrième de couverture peut rebuter par les nombreux clichés qu’elle annonce, il faut savoir que les auteur.e.s sont parti des codes les plus répandus dans les romances afin de les utiliser pour parler de sujets qui leur tenaient à cœur. Au final, même si les personnages de la jeune fille sage et du bad boy ténébreux sont très répandus, une vraie personnalité les défini ici, les rendant très réalistes et attachants.

Le rythme est soutenu, nous sommes tenus en haleine, amenés à tourner les pages sans s’en rendre compte. Et une fois le livre fermé, on espère déjà pouvoir lire la suite sans attendre !

 

Tenir jusqu’à l’aube

Carole Fives

Éditions Gallimard

17€

« Solo, c’est moins sinistre que seule. Solo, ça renouvelle la figure de la mère célibataire, larguée, quittée, abandonnée, ça éloigne le cliché misérable de la fille-mère, de l’adolescente misérable promenant son landau sur un trottoir défoncé du nord de la France. […] De quoi se plaint-elle ? La solo a parfois poussé le bouchon jusqu’à faire un bébé toute seule, c’est son choix, son problème, elle n’a qu’à assumer et bien se tenir. »

Pendant que son fils de deux ans dort, une jeune mère célibataire sort dans la rue, un peu plus longtemps, un peu plus loin, chaque nuit. Le père est parti, un jour, sans prévenir, comme on se désabonne d’une ligne téléphonique, laissant à la jeune femme la responsabilité d’élever un enfant, tout en travaillant pour payer les factures qui s’accumulent. Mais entre les repas, les comptines et les jouets, elle s’oublie, ne trouve pas le temps de respirer et cherche désespérément à s’oxygéner.

Carole Fives nous livre une fable féministe empreinte d’une fausse légèreté et d’une justesse empathique. La maternité y est désacralisée face à la réalité d’une société contemporaine rongée par la solitude et la culpabilisation des mères célibataires.

Les petits chapitres sont dévorés, le roman est lu en apnée, nous tenant éveillé jusqu’au premières lueurs du jour.

Trancher

Amélie Cordonnier

Éditions Flammarion

17€

Cela fait sept ans qu’Aurélien a délaissé les injures envers sa femme. Pendant sept ans, elle a oublié, l’a aimé à nouveau et l’idylle a repris son cours. Mais voilà, un beau matin, Aurélien ne peut pas s’en empêcher et la violence verbale reprend sa place dans la famille.

« Ferme ta gueule une bonne fois pour toutes, connasse, si tu veux pas que je la réduise en miettes »

Il recommence à vomir des insultes, ravageant leur amour par les mots.

Le 3 janvier, elle aura quarante ans. Ce jour-là, elle aura pris sa décision. Ce jour-là, elle aura choisi, décidé, déterminé, décrété, statué, délibéré. Tranché.

Par une écriture brute et imagée, Amélie Cordonnier nous donne à voir la torture psychologique d’une femme sous l’emprise d’un pervers narcissique. Elle nous laisse accompagner la narratrice au nom inconnu, qui pourrait être n’importe qui : une amie, une voisine. Vous.

On la suit au fil des pages qu’on tourne de manière hypnotique, attendant que la décision tombe.

Partir ou rester ?

La Vraie vie

Adeline Dieudonné

Éditions de L’Iconoclaste

17€

Une fillette sans nom grandit entourée d’animaux empaillés et d’humains monstrueux. Vouant un amour sans borne à son petit-frère, Gilles, elle tente de toutes ses forçes de lui redonner le sourire suite à un accident qui a éteint son rire.

Dans ce roman, les animaux empaillés sont plus vivants que jamais et les Hommes sont dévorés par une noirceur troublante. Alors que son corps se transforme, la fillette s’enferme dans un imaginaire salvateur, combattant ainsi la violence qui l’entoure.

Conte noir et magistral, La vraie vie nous parle d’une petite fille, de monstres et d’animaux qui vivent en nous.

 

La Tête sous l’eau

Olivier Adam

Éditions Robert Laffont

16€

 

Attention, vous serez immergé dans ce récit dès les premières pages ! Léa, disparue depuis un an, est de retour à la maison. Mais le cauchemar n’est pas terminé, il faut maintenant se reconstruire. La famille tente tant bien que mal de ne pas couler, continuant de nager, de brasser la mer d’incertitude et de non-dits. Qu’est-il arrivé à Léa ? Que cache-t-elle ?

L’écriture d’Olivier Adam est toujours aussi délicate et franche, ses mots nous submergent. On lit, on dévore, nous sommes en apnée, à la recherche de toujours plus d’oxygène, toujours plus de mots. Et enfin, on respire, on ressort à l’air libre, bien qu’attristé  à l’idée de devoir refermer cette merveille.

Un coup de poing en plein cœur.

 

Khalil

Yasmina Khadra

Éditions Julliard

19€

 

Nous sommes le vendredi 13 novembre 2015. Le stade de France est bondé, le concert des Eagles of Death Metal fait danser la foule au Bataclan et les terrasses des cafés résonnent de rires. C’est une soirée tranquille qui suit son court à Paris. Au milieu de tous ces gens, il y a Khalil. Il n’est pas là pour visiter la ville, ni pour regarder le match dans un bar. Khalil porte une ceinture d’explosifs et attend l’heure de pointe dans le RER. Mais le bouton ne marche pas et le 14 novembre 2015, Khalil est toujours vivant.

Dans cette fiction basée sur les attentats du 13 novembre 2015, Yasmina Khadra use de son écriture pour nous donner à voir une chose à laquelle on ne pense pas : l’homme derrière le kamikaze.

Remarquable, saisissant et perturbant.

Next page →
← Previous page