Tenir jusqu’à l’aube

Carole Fives

Éditions Gallimard

17€

« Solo, c’est moins sinistre que seule. Solo, ça renouvelle la figure de la mère célibataire, larguée, quittée, abandonnée, ça éloigne le cliché misérable de la fille-mère, de l’adolescente misérable promenant son landau sur un trottoir défoncé du nord de la France. […] De quoi se plaint-elle ? La solo a parfois poussé le bouchon jusqu’à faire un bébé toute seule, c’est son choix, son problème, elle n’a qu’à assumer et bien se tenir. »

Pendant que son fils de deux ans dort, une jeune mère célibataire sort dans la rue, un peu plus longtemps, un peu plus loin, chaque nuit. Le père est parti, un jour, sans prévenir, comme on se désabonne d’une ligne téléphonique, laissant à la jeune femme la responsabilité d’élever un enfant, tout en travaillant pour payer les factures qui s’accumulent. Mais entre les repas, les comptines et les jouets, elle s’oublie, ne trouve pas le temps de respirer et cherche désespérément à s’oxygéner.

Carole Fives nous livre une fable féministe empreinte d’une fausse légèreté et d’une justesse empathique. La maternité y est désacralisée face à la réalité d’une société contemporaine rongée par la solitude et la culpabilisation des mères célibataires.

Les petits chapitres sont dévorés, le roman est lu en apnée, nous tenant éveillé jusqu’au premières lueurs du jour.


Genre: littérature