Le dernier pénalty – Histoire de football et de guerre

Gigi Riva

Edition Seuil

15 €

 

Les jours qui viennent nous promettent une déferlante de ballons ronds. Pour rester dans l’ambiance voici le livre qu’il faut lire pendant que votre voisine (ou voisin) de canapé éructe devant le petit écran !

Aux plus anciens, le nom de Gigi Riva évoquera sans doute les grands moments de la squadra azzura (traduction pour les autres : l’équipe nationale de football d’Italie…) et son attaquant phénoménal, Luigi Riva dit Gigi Riva. Si l’écrivain éponyme qui signe ce « Dernier pénalty » littéraire est passé par les terrains (il fut gardien de but et finaliste dans la coupe d’Italie des jeunes) on retiendra ici son talent d’écrivain. Ancien reporter ayant couvert la guerre des Balkans dans les années 90, il occupe aujourd’hui le prestigieux poste de rédacteur en chef dans l’hebdomadaire italien L’Espresso.

Gigi Riva met sa connaissance et son talent littéraire au service d’un récit poignant qui nous replonge dans le chaos yougoslave. Le point de départ (une partie de foot) paraît dérisoire par rapport à l’ultime catastrophe européenne d’un XXème siècle finissant. Lors du quart de finale de la coupe du monde de football qui se déroule à Florence en 1990, l’équipe de Yougoslavie affronte l’armada argentine, avec Maradona à sa tête. Au coup de sifflet final le score est nul. La séance mortifère des tirs au but se conclut par un raté du bosniaque Faruk Hadzibegic. La Yougoslavie quitte la compétition, comme elle quittera quelques mois plus tard l’Histoire lorsque la Fédération socialiste vole en éclats dans le sang. L’auteur échafaude alors une hypothèse : « Et si Faruk avait marqué son pénalty ? »…

Avec des mots justes et sensibles, parfois aussi avec humour, G. Riva revient sur les évènements dramatiques qui ont ébranlés l’Europe. On retrouve les acteurs de la petite histoire (Faruk héros malheureux, Susic, Savicevic, Stojkovic) et ceux de la Grande (Rodovan Karadzic, Franjo Tudjman ou le monstre mafieux Arkan…). Le talent de l’auteur réside dans son sens de la hiérarchie des évènements. C’est là toute la force de ce texte : Faire d’une action de match le levier pour remettre de l’humanité là où la haine avait tout balayer.

Vive le foot !


Genre: littérature