Il était une ville

Auteur : Thomas B. Reverdy

Edition : Flammarion

Prix : 19 €

Septembre 2015

 

 

Thomas Reverdy a pris l’habitude de nous faire voyager. En 2003, son roman « Les évaporés » nous conduisait dans l’archipel japonais à la recherche d’un homme en fuite. Avec « Il était une ville » il nous convie à une visite effrayante de Détroit. Là encore, il est question de disparitions. Celle d’une ville d’abord. Capitale américaine de l’industrie automobile, Détroit est douloureusement impactée par la crise des subprimes en 2008. Les usines sont délocalisées, l’économie plonge, les ménages surendettés abandonnent leur maison qu’ils ne sont plus en mesure de rembourser. Ecoles fermées, services publics exsangues, faillite généralisée. Peu à peu la ville se vide de sa population laissant la place aux mauvaises herbes et aux animaux sauvages. Une boutade circule entre les habitants restants : Le dernier qui quitte la ville éteint la lumière ! Autre disparitions inquiétantes, celle de dizaine d’enfants déscolarisés et livrés à eux-mêmes. Les rues désertes, les immeubles creux et les villas fantômes sont pour eux un terrain de jeu à haut risque.

Au milieu de ce chaos, Th. B. Reverdy entremêle la vie de ses personnages qu’il sait rendre attachants. Il y a l’inspecteur Brown, en quête de sens ; Charlie et ses copains, gamins perdus ; Gloria, grand-mère courage ; Candice, serveuse au rêve brisé ; et Eugène, ingénieur français parachuté dans cette ville en putréfaction pour y ouvrir… une nouvelle usine.

On est fasciné par la beauté de ces ruines. On est stupéfait de réaliser que ce monde englouti est celui dans lequel nous vivons. L’écriture juste et sensible de Thomas Reverdy nous donne à voir la lente agonie d’une ville américaine, parabole glaçante de notre civilisation au bord du gouffre.


Genre: littérature